Augmentation des plaquettes
On parle d’augmentation des plaquettes quand elles sont supérieures à 450 G/L (450.000 / mm3 de sang).
L’augmentation du nombre de plaquettes peut dans certains cas augmenter le risque de fabriquer des caillots en excès et, en conséquence, le risque cardio vasculaire (infarctus, AVC), ainsi que le risque de phlébite (caillot dans le mollet) ou dans l’artère pulmonaire (embolie pulmonaire).
Il n’y a aucun risque de caillot (phlébite, embolie) ou d’augmentation du risque cardio-vasculaire quand les plaquettes augmentent à cause d’une carence en fer. Le traitement repose sur la recharge en fer (en comprimés ou en perfusion si les comprimés sont mal tolérés ou inefficaces) et sur l’éradication de la cause (saignement, ulcère, inflammation du tube digestif…).
Il n’y a pas d’augmentation du risque de formation de caillot dans les augmentations des plaquettes en rapport avec les infections. Le diagnostic repose sur l’élévation de la protéine de l’inflammation dans la prise de sang qui s’appelle la CRP.
Le traitement repose sur l’éradication de la cause, un scanner et parfois même un PET-scanner peuvent être utiles pour déterminer la cause de cette inflammation.
Un certain nombre de maladies peuvent augmenter les plaquettes, au premier rang desquelles la thrombocytémie essentielle. Dans cette maladie, un gène responsable de la régulation de la production des plaquettes par la moelle osseuse est dysfonctionnel. La moelle osseuse se met à produire beaucoup trop de plaquettes et c’est pour ça que sur la prise de sang le chiffre de plaquettes est élevé.
On commence par s’assurer que les autres causes d’augmentation des plaquettes ne sont pas présents : on va doser la ferritine, la protéine de réserve en fer, pour vérifier qu’il n’y a pas de manque de fer. On va également doser dans le sang la CRP, la protéine de l’inflammation dans le sang. Si ces deux paramètres sont normaux, on va aller, grâce à une prise de sang spécifique qui ne se fait que sur la prescription d’un hématologue dans un laboratoire hospitalier, regarder si les gènes qui contrôlent la production des plaquettes sont anormaux.
Si un des gènes revient anormal (muté) il s’agit bien d’une thrombocytémie essentielle. C’est une mutation qui arrive avec le temps : elle n’est habituellement ni héritée de vos parents ni transmise à vos enfants.
On n’a pas toujours besoin de pratiquer un examen de la moelle osseuse pour faire le diagnostic de cette maladie. On a tendance à le proposer pour les patients de moins de 50 ans pour évaluer l’état de la moelle osseuse et planifier le meilleur suivi sur le long terme.
C’est une maladie dont on ne peut pas guérir mais pour laquelle les traitements permettant normaliser les plaquettes sont efficaces.
Si l’augmentation des plaquettes est liée à un manque de fer, la correction de cette carence, avec des comprimés ou avec des perfusions permet de régler le problème.
Si l’augmentation des plaquettes est liée à une inflammation, le traitement de l’inflammation, en recherchant sa cause et en l’éradiquant, permet là aussi de normaliser les plaquettes.
Si l’augmentation des plaquettes est liée à une maladie de la moelle osseuse qui fait que la production de plaquettes est anormalement augmentée, on réfléchit en fonction de l’âge, du risque cardio-vasculaire. Un traitement sous forme de comprimés ou d’injections peut être proposé, après 60 ans ou avant si le risque cardio-vasculaire est élevé